Anthony reviewed La grande méthode by Louisa Yousfi
La grande méthode
4 stars
Difficile de classer ce court ouvrage de Louisa Yousfi. Cette œuvre littéraire, véritable hommage à l’oralité, confirme le talent de l’autrice, sa maîtrise et son amour de la langue. Des dialogues souvent socratiques : parfois le narrateur s’adresse directement à nous, d’autres fois les personnages échangent de manière classique ; mais surtout, nous avons, je crois, affaire à un questionnement entre l’autrice et elle-même. La Grande Méthode est une quête de « soi », de « nous », de Dieu.
La perte du père amène aux questionnements : une narration entre deux mondes emmêlés tente ici de défaire les nœuds pour remonter à l’origine. S’agripper aux traditions souvent incomprises, au Dieu longtemps dénigré pour trouver du sens. La quête qui nous lie toutes et tous. La fille et le fils de l’exilé ne se sentent pas chez eux. Il faut dire qu’on leur fait comprendre qu’ils ne le sont …
Difficile de classer ce court ouvrage de Louisa Yousfi. Cette œuvre littéraire, véritable hommage à l’oralité, confirme le talent de l’autrice, sa maîtrise et son amour de la langue. Des dialogues souvent socratiques : parfois le narrateur s’adresse directement à nous, d’autres fois les personnages échangent de manière classique ; mais surtout, nous avons, je crois, affaire à un questionnement entre l’autrice et elle-même. La Grande Méthode est une quête de « soi », de « nous », de Dieu.
La perte du père amène aux questionnements : une narration entre deux mondes emmêlés tente ici de défaire les nœuds pour remonter à l’origine. S’agripper aux traditions souvent incomprises, au Dieu longtemps dénigré pour trouver du sens. La quête qui nous lie toutes et tous. La fille et le fils de l’exilé ne se sentent pas chez eux. Il faut dire qu’on leur fait comprendre qu’ils ne le sont pas vraiment. Ainsi, leur place ne serait peut-être pas dans la nation, mais dans la Communauté. Et là, chez beaucoup, les poils s’hérissent. Mais comme je l’entendais récemment d’une intervenante (à la radio), dont le nom malheureusement m’échappe : c’est à toutes et tous de faire un pas vers l’autre. Trop souvent, c’est « l’autre » qui a été contraint de faire un pas vers « l’occidental ». Mais nous y avons beaucoup perdu ; rien n’est perdu. Et les enfants des déraciné·e·s seront peut-être le lien qui, jusqu’ici, nous a tant fait défaut.